"C'était le premier groupe diabolique, tout comme les Beatles étaient le premier groupe aux cheveux longs"
Kim Fowley, producteur, parolier, acteur et habitant de Sunset Strip vers 1966

"Leur musique venait de LA, mais elle n'avait rien à voir avec la musique de Sunset Trip, Three Dog Night, the Daily Flash, Rhinoceros... tous ces groupes du Strip semblaient avoir au moins une chose en commun. Les Doors, eux, étaient uniques"
Jimmy Greenspoon, pianiste de Three Dog Night

"Le fait que leur musique n'était pas dominée par la guitare, qu'elle était dominée par les claviers, la rendait différente. Et les paroles étaient théâtrales. Morrison était un grand créateur d'images. La collision et l'impact de ses suites de mots disaient beaucoup de choses. Et quelquefois ses paroles me faisaient peur. C'était une compréhension tirée d'une terreur noire"
Harvey Kubernick, producteur de disques, journaliste et natif de Los Angeles

"Une grande partie de la personnalité de Jim était son désir de vous provoquer jusqu'à ce que vos mécanismes naturels de défense entrent en jeu. Il essayait sans arrêt de faire tomber les prétentions et les masques que nous nous construisons. Il vous forçait à utiliser vos instincts de survie, parce qu'il voulait vous rendre plus réel. Quand il arrivait à vous faire hurler, crier et sauter de colère il se mettait à rire d'un rire hystérique. Parce qu'il avait gagné"
Bill Siddons, manager des Doors

"La première fois que je les ai vus, c'était chez Ciro en 1966. Je crois que c'est Bill James qui m'en avait parlé le premier. Je suis arrivé chez Ciro avant le début du concert et les musiciens étaient sur scène, en train de se préparer. Un chahuteur a commencé à hurler au groupe "Vous êtes horribles. Vous ne savez pas jouer. Vous êtes de la merde. Vous ne savez pas boire, vous ne savez pas penser, vous ne savez pas vous battre, vous ne savez pas baiser." Il était sale et il avait l'air dangereux. Les musiciens avaient l'air nerveux et ont commencé à jouer... et ce type sauta sur scène et commença à chanter. C'était Morrison, qui venait d'insulter ses propres musiciens. C'est un des meilleurs trucs que j'ai vu dans un club. Pas d'introduction, juste le chanteur qui interpellait les musiciens et puis la musique. Je me suis dit "Bon sang, ces types-là vout être intéressants"
Kim Fowley

"Un soir, ils étaient au studio d'Elektra. Jim devait arriver à sept heures alors évidemment il est arrivé à 10h. Il y avait toutes sortes de drogues étalées le long de la console. La porte s'ouvre et Jim entre, évidemment saoul, et il est avec deux types en costume cravate. Paul Rothchild a l'air abasourdi quand Jim présente tout le monde à Tom et Larry, ses derniers copains de beuverie avec lesquels il vient juste d'avoir une super conversation à un bar du quartier. "Larry", c'était Laurence Olivier et "Tom", c'était Tom Reddin, le chef de la police de Los Angeles. Ils sont restés derrière la console couverte de drogue et ils ont regardé Jim chanter un morceau puis ils ont dit au revoir et sont partis. Jim adorait cette sorte de situation. Il était sympa, il avait une sorte d'innocence. Mais il était aussi espiègle et plein de malice. Quand on passait un peu de temps avec lui, il arrivait toujours à vous surprendre d'une manière ou d'une autre"
Bill Siddons

"Quand il a fait le pont de "End of the night", il disait "Realms of bliss Realms of light" (royaumes de bonheur royaumes de lumière)... et je lui ai dit "Jim, c'est les "Chants d'Innocence" de William Blake. Il m'a répondu "Je sais, mais personne ne m'a dénoncé jusqu'à maintenant". Avec les Doors, c'était vraiment la première fois qu'un groupe de rock tirait son inspiration de la littérature. Et ça a marché"
Michael C. Ford, poète de Los Angeles

"Je traînais au Strip un jour quand il m'a accosté. Je savais qui c'était mais on ne s'était pas encore rencontrés. je mangeais un biscuit moonpie et il s'est approché et m'a dit "Hey, Rodney, passe-moi un peu de ce biscuit": C'était un type sympathique et très agréable. On a parlé des moonpies et ça nous a mené à parler d'Elvis. Il adorait Elvis et à partir de ce moment-là chaque fois qu'on se rencontrait on parlait d'Elvis"
Rodney Bingenheimer, disc jockey de Los Angeles et journaliste

"Je suis arrivée juste après Jim et Ray à UCLA mais les histoires couraient encore. Quand le 45 tours "Break on through" est sorti, je suis allée les voir jouer au Valley Music Centre. Il y avait aussi les Byrds, Buffalo Springfield, Peter, Paul & Mary et Hugh Masakela. Ensuite, je les ai vus au Shrine Auditorium avec Iron Butterfly, Sweetwater et Blueberry Jam. Je me suis approchée très près de la scène pour prendre une photo, c'était au temps où on avait encore le droit d'apporter un appareil aux concerts. Jim est tombé de la scène près de moi et je me souviens qu'il ne sentait pas très bon... ses cuirs sentaient un peu fort. Mais c'était un super concert. Un concert typique des Doors"
Heather Harris, ancienne rédactrice artistique du UCLA Bruin

"Au début, ça n'avait aucune importance que nous, les garçons, on écoute les Doors. Les filles au foyer du lycée s'en fichaient complètement. Mais en quelques semaines, après le concert du groupe chez Ed Sullivan, quand on a interdit à Jim de chanter "higher" dans "Light my fire" et qu'il l'a chanté quand même, on ne pouvait plus faire concurrence à Jim Morrison. Il était partout sur les casiers des filles. Tout d'un coup, il n'y avait plus de Beatles ou de Stones ou de Dave Clark Five. Les gens commençaient à diffuser l'image de Morrison. C'était le beau mauvais garçon par excellence"
Harvey Kubernick

"J'ai vu les Doors au Whisky [A Go Go] tout l'été en 1966. J'adorais Van Morrison et Them et les Doors étaient en première partie quand Them est arrivé au Whisky. Love était mon groupe préféré à L.A. et je pensais que les Doors étaient vraiment bizarres. Mais leur musique m'a pris à la gorge. Ils couvraient "Gloria" et ils jouaient "Moonlight Drive" et c'était un son vraiment nouveau"
Paul Body, témoin de l'ascension des Doors au Sunset Strip

"Il disait qu'il serait content si les gens se souvenaient de lui cinq ans après sa mort, et il était sérieux. Il voulait être incinéré et que ses cendres soient répandues sur la plage de Venice. C'est là que tout avait commencé et il aimait l'idée de finir là comme des morceaux d'épaves"
Patricia Kennealy Morrison, mariée officieusement à Jim durant une cérémonie paienne en 1970

"Avec un ami, on passait devant le Whisky et on a vu Jim littéralement assis au bord du trottoir, tout seul. On allait à une fête chez Eric Burdon, des Animals, alors on l'a pris et on l'a emmené avec nous. En route, il était penché à la fenêtre et je croyais qu'il allait tomber. On commençait à se faire du souci d'arriver chez Burdon avec Jim dans cet état mais en fait c'était une fête complètement folle et Jim était comme un poisson dans l'eau"
Rodney Bingenheimer


Morrison Place, un hommage à Jim Morrison & The Doors
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